Paris, J. Bry aîné, 1854 ; petit in-4, 208 pp. imprimées sur le recto, demi-percaline bleue de l'époque, dos lisse à faux nerfs (mors fendillés sur 3 cm, sans gravité, coupes légèrement frottées).
Carteret III, 295. Leblanc p. 135. Édition originale et premier tirage de ce chef-d'œuvre, précurseur de la bande dessinée, d'une liberté graphique et d'une inventivité hors normes. Exemplaire complet des taches rouges aux pages 89 et 97, marquant les passages correspondant aux époques sanglantes de la Russie. Au moment de sa parution, le livre connut un immense succès, mais le gouvernement de Napoléon III racheta l'édition en 1856 pour la détruire, au moment de la Conférence de Paris où s'élaborait le Traité de Paix. Cette édition fait date dans l'histoire de la bande-dessinée : "Une œuvre Rabelaisienne, expérimentale et quelque peu monstrueuse dans laquelle l'artiste met le genre en effervescence. Jeux de mots, images aveugles, pastiches graphiques, fausse érudition, adresse au lecteur, mise en abîme… tout est bon qui sert la verve délirante de ce jeune homme de 22 ans, dont c'est déjà l'adieu à la bande-dessinée. Il faudra bien procéder un jour à une réévaluation de ces œuvres de jeunesse du grand illustrateur : il fut en effet le premier (et pour longtemps le seul) à se démarquer radicalement de la tradition Töpfferienne" (Groensteen et Peeters, Töpffer, L'invention de la bande-dessinée, 1994, pp. 131 à 133). Déchirure sans manque p. 139, très soigneusement restaurée ; joli exemplaire malgré les petits défauts signalés, bien conservé, sans presque aucune rousseur.
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