1400 €
éd. 1530
[STRASBOURG]

MILICE URBAINE

Unser herrn Meister vnnd Rath habendt erkandt vnnd gepieten….

Strasbourg, s.e., 1530 ; 34, 5 x 23,5 cm, 1 feuillet imprimé en caractères gothiques, orné d’une grande lettrine historiée en tête.

Ce placard municipal, d’une grande rareté, émane du Magistrat de la ville libre impériale de Strasbourg et publie une ordonnance adressée à l’ensemble des bourgeois, fils de bourgeois, artisans et habitants dépendant de la cité. Le texte, composé en allemand de chancellerie du début du XVIe siècle et imprimé en caractères gothiques, s’ouvre par la formule solennelle « Unser herrn Meister vnnd Rath habendt erkandt vnnd gepieten », par laquelle les maîtres et le Conseil de la ville déclarent avoir statué et ordonné la mesure qui suit. L’ordonnance prescrit à tous les citoyens liés à la ville par leur serment civique de ne se mettre au service d’aucun seigneur étranger et de ne s’engager ni à cheval ni à pied au service d’autrui pendant la période indiquée. Elle rappelle expressément que ces habitants sont liés par leur serment à la ville de Strasbourg et à son autorité et qu’ils doivent par conséquent se tenir prêts, armés et équipés, pour le service de la cité elle-même. Quiconque enfreindrait cette interdiction s’exposerait à être puni comme violateur de son serment. L’acte est daté selon l’usage administratif de l’époque « Montag nach Reminiscere. Anno XXX », c’est-à-dire le lundi suivant le deuxième dimanche du Carême de l’année 1530. Cette date correspond à un moment particulièrement sensible pour Strasbourg et pour l’Empire. La ville, engagée depuis plusieurs années dans le mouvement de la Réforme, se trouve alors au cœur des tensions religieuses et politiques qui culminent lors de la Diète d’Augsbourg. Dans ce contexte d’incertitude, les autorités urbaines veillent à conserver sous leur contrôle la force militaire disponible. Les villes impériales de la vallée du Rhin devaient en effet composer avec un phénomène largement répandu, celui du service mercenaire, qui attirait de nombreux hommes vers les armées princières. En interdisant à ses habitants de s’engager au service d’un seigneur et en leur ordonnant de conserver leurs armes prêtes, le Conseil de Strasbourg affirme à la fois son autorité sur les citoyens liés par le serment de bourgeoisie et sa volonté de préserver la capacité de défense de la communauté urbaine. Ce document constitue ainsi un témoignage direct et particulièrement évocateur des mécanismes de gouvernement et de discipline civique dans une grande ville impériale au moment charnière de la Réforme. Transcription (respect de l’orthographe originale) et traduction française intégrale disponibles sur demande. Mention autographe : « p. Burger und Rath » (per Burger und Rath, « par les bourgeois et le Conseil »), avec paraphe. Très bel état.

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