2200 €
éd. 1859

SHAKESPEARE (William), HUGO (François-Victor)

Œuvres complètes de W. Shakespeare. François-Victor Hugo traducteur.

Paris, Pagnerre, Libraire-Éditeur, 1859-1866 ; 18 volumes in-8, XXVII + 8 + 356 + 376 + 468 + 539 + 445 + 500 + 472 + 503 + 478 + 509 + 518 + 357 + 487 + 447 + 334 + 394 + 442 + 421 pp., demi-maroquin bleu à coins, dos à nerfs ornés de trois caissons décorés à la grotesque, date d'impression de chaque volume et nom du traducteur estampés en pieds, têtes dorées (minimes traces d'usage à quelques coins et aux dos, sans gravité ; reliure signée Allô). Les 18 volumes.

Vicaire, Manuel de l’Amateur de Livres du XIXe siècle, VII, 492-494. Édition originale de la traduction de François-Victor Hugo, un des quelques exemplaires tirés sur papier de Hollande, seul tirage de luxe. François-Victor Hugo (1828-1873), fils de Victor Hugo, est surtout connu pour cette traduction, régulièrement rééditée jusque dans la seconde moitié du XXe siècle. L'entreprise éditoriale, qui associe traduction complète et appareil critique, constitue une étape décisive dans la réception de Shakespeare en France au XIXe siècle. C’est dans le contexte de l’exil à Jersey, au début des années 1850, que se forme le projet. Dans son essai "William Shakespeare", publié en 1864, Victor Hugo propose un récit de la genèse du projet, situé au commencement de l’exil, où père et fils, « comme des naufragés qui pensent », évoquent la durée et l’usage de cet éloignement : « Tout à coup, le fils éleva la voix et interrogea le père : — Que penses-tu de cet exil ? — Qu’il sera long. — Comment comptes-tu le remplir ? Le père répondit : — Je regarderai l’Océan. Il y eut un silence. Le père reprit : — Et toi ? — Moi, dit le fils, je traduirai Shakespeare. » La traduction, l’une des premières à viser une restitution fidèle de la langue du dramaturge anglais, suscita l’admiration de Victor Hugo, qui la salua en ces termes : « Pour ceux qui, dans Shakespeare, veulent tout Shakespeare, cette traduction manquait », écrit Hugo dans la préface, avant de poursuivre : « Un jeune homme s’est dévoué à ce vaste travail. À côté de cette première tâche, reproduire Shakespeare, il y en avait une deuxième, le commenter. L’une […] exige un poète, l’autre un bénédictin. […] Faisant cette tentative, il s’y est dépensé tout entier. Il a senti, en accomplissant cette tâche, la religion de construire un monument. Il y a consacré douze des plus belles années de la vie ». Ex-libris de Marescot. Bel exemplaire, bien établi par Charles Allô, relieur parisien du Second Empire ; les exemplaires tirés sur papier de Hollande sont rares.

2200 €

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